Colette Bourlier soutient sa thèse intitulée « Les travailleurs immigrés à Besançon dans la seconde moitié du XXème siècle » le 15 mars 2016 à Besançon

La soutenance aura lieu à 14h00 au Grand Salon, 18 rue Chifflet, au centre-ville de Besançon. Cette thèse résulte d’un travail mené pendant plus de 20 ans, co-encadré par Serge Ormaux et Jacques Fontaine.

Composition du jury 

Patrice Caro (rapporteur), Professeur à l'Université de Caen

Jacques Fontaine, Maître de conférences honoraire à l’université de Franche-Comté

Mohamed Hadeid, Professeur à l'Université d’Oran

André Larceneux, Professeur émérite à l’université de Bourgogne

Serge Ormaux, Professeur à l’université de Franche-Comté

Raymond Woessner (rapporteur), Professeur à l’université de Paris IV Sorbonne.

Résumé

Les migrations ont profondément marqué la ville de Besançon dans la seconde moitié du XXème siècle : mutation économique et sociale, dynamisme démographique, apparition et développement de nouvelles cultures... Certes l’immigration a commencé bien avant dans la capitale comtoise, mais jusqu’au milieu du XXème siècle elle était assez peu importante (5% de la population de la ville en 1936 et 2% en 1954) et provenait essentiellement de deux pays voisins : la Suisse et l’Italie, principalement l’Italie du Nord. A partir du milieu des années 50, la migration des paysans comtois surnuméraires ne suffit plus aux besoins en rapide augmentation des industries bisontines : l’appel à la main d’œuvre étrangère devient systématique et plusieurs vagues migratoires se succèdent, venant d’abord des régions pauvres de l’Europe méditerranéenne (Italie du Sud, Espagne) et d’Algérie, puis du Portugal et du Maroc en enfin de Turquie.

Les caractéristiques de ces migrations évoluent avec le temps : avant 1968, la migration est essentiellement le fait des hommes, « les travailleurs émigrés », puis commence une lente féminisation qui va se développer rapidement après 1974, suite à l’arrêt officiel de l’immigration et de la mise en place consécutive de la politique de regroupement familial. Ainsi, en une vingtaine d’années, les caractéristiques des migrations ont profondément changé : d’une immigration de travail prévue généralement pour durer quelques années en attendant la réinsertion dans le pays natal, on est passé à une immigration familiale pour laquelle le retour au pays d’origine est devenu un mythe... même si l’on y retourne en vacances et si l’on y a fait construire une maison. Ce changement d’horizon n’est évidemment pas sans conséquences, à la fois sur l’urbanisme (on passe du foyer pour travailleurs célibataires au logement social), les services sociaux et éducatifs, l’organisation sociétale. Ce changement implique aussi des « frottements » entre cultures, souvent enrichissants (mariages mixtes, apports culturels...), mais parfois conflictuels, surtout dans les dernières années du siècle où le développement du chômage rend l’accès à l’emploi de plus en plus concurrentiel : la dés-industrialisation et la crise économique ont durement frappé les travailleurs migrants, en particulier ceux d’origine extra-européenne, malgré leurs efforts de diversification professionnelle.


Mis à jour : jeudi 15 juin 2017 09:21