La soutenance aura lieu à 14h30 dans la salle des thèses de la Maison des Sciences de l’Homme de l’Université de Bourgogne, 6 Esplanade Erasme à Dijon.

Composition du jury

Carmen Bellet, Maître de Conférences à l’Université de Lerida

Marie Delaplace, Professeur à l’Université de Paris-Est Marne la Vallée

Philippe Menerault, Professeur à l’Université Lille 1

Jean Ollivro, Professeur à l’Université Rennes 2

Thomas Thevenin, Professeur à l’Université de Bourgogne

Raymond Woenner, Professeur à l’Université Paris 4

Résumé

Dans la lignée des travaux scientifiques consacrés à la question des « effets » territoriaux des infrastructures de transport, ce texte revisite la complexité des interactions réseau / territoire au prisme de la territorialisation des gares de la grande vitesse. Relevant de multiples spatialités et temporalités imbriquées, ces équipements de transport, interfaces multiscalaires entre réseaux et territoires, se prêtent à une analyse systémique des processus par lesquels s’opère la territorialisation d’une nouvelle offre de transport. La territorialisation est envisagée ici comme un processus spatial et temporel fondé sur les relations réciproques qu’entretiennent localisation, intégration et appropriation des gares. L’examen de ces interactions permet de comprendre comment les logiques réticulaires de niveau national s’adaptent aux contingences des territoires locaux et modifient leur configuration, et de quelle manière les modalités d’appropriation locales de la grande vitesse participent, en lien avec les processus de localisation et d’intégration des gares, à l’émergence de nouvelles dynamiques territoriales.

Mobilisant un abondant matériau empirique et des méthodes adaptées à chacun des processus analysés, la démarche comparative mise en œuvre à partir des réseaux à grande vitesse français et espagnol aborde ces questionnements selon trois angles de lecture complémentaires. Centré sur la relation entre localisation et intégration, le premier réexamine la diversité des configurations territoriales dans lesquelles s’insèrent les gares desservant les villes petites et moyennes des territoires intermédiaires. L’enjeu est de comprendre comment les choix d’implantation et de desserte des gares, fruits d’arbitrages multiples entre logiques spatiales d’échelles différentes, influencent la nature et l’intensité des interactions multiscalaires qui commandent le processus de territorialisation, en fonction des contextes géographiques locaux et nationaux, de la taille des villes et du degré de centralité des gares.

Le deuxième propose une mise en perspective temporelle de la territorialisation des nouvelles gares TGV. Mettant l’accent sur les recompositions institutionnelles, économiques et ferroviaires qui ont accompagné l’extension du réseau, il apporte un éclairage complémentaire sur les relations entre intégration et appropriation locales des gares en lien avec les évolutions des systèmes territoriaux dans lesquels elles s’intègrent. Ouvrant de nouvelles perspectives de recherche, le troisième aborde la territorialisation sous l’angle de l’appropriation des gares. La démarche, conduite à titre exploratoire à partir de quelques exemples de gares TGV françaises,vise à affiner la compréhension des jeux d’acteurs qui participent à la territorialisation de la nouvelle offre de transport en intégrant les dimensions symboliques et imaginaires qui orientent les stratégies et pratiques spatiales dans toute l’épaisseur temporelle du processus.

 

Mots clés : interactions réseau/territoire ; grande vitesse ferroviaire ; gares TGV ; territorialisation ; analyse systémique ; approche multiscalaire ; localisation ; intégration territoriale ; appropriation.


Mis à jour : lundi 29 février 2016 10:29