Eric Bernard soutient une thèse de géographie le 2 décembre 2011 à Besançon, à l'Université de Franche-Comté. La thèse a été réalisée sous la direction de Madeleine Griselin.

Les dynamiques spatio-temporelles d'un petit hydro-système arctique : approche nivo-glaciologique dans un contexte de changement climatique contemporain (bassin du glacier Austre Lovén, Spitsberg, 79°N).

photo eric bernard

Résumé de thèse

S'appuyant sur de longues missions de terrain, ce travail offre le regard quantitatif et qualitatif d'un géographe sur la dynamique nivo-glaciaire en région polaire dans un contexte de changement climatique actuel. Il s'inscrit dans le cadre du programme ANR Hydro-Sensor-FLOWS mis en œuvre dans la mouvance de l'Année Polaire Internationale. En amont de ce programme pluridisciplinaire visant à comprendre le fonctionnement hydrologique d'un petit hydrosystème polaire il fallait adjoindre une étude plus spécifique concernant le rôle de la neige et de la glace dans l'équation hydrologique : c'est l'objet de cette thèse.

Le bassin glaciaire de l'Austre Lovénbreen (10 km2, Spitsberg – 79°N) a servi de terrain d'étude dans une approche géographique à échelle locale. De nombreuses méthodes ont été testées tant sur le terrain (stations photo automatiques, carottages de la neige, DGPS et GPR) que pour l'exploitation des données acquises.

Au total, ce travail suit la dynamique nivo-glaciaire pendant trois années (2008, 2009 et 2010) à partir de 15 séries de carottages en 40 points du bassin, de mesures de densité, de profils nivologiques, de bilan de masse et de suivi continu, en 20 points, de la température de l'air. Outre l'image satellite, ce travail s'appuie également sur une collection de 3 clichés journaliers acquis en 10 points du bassin. Les photos ont été corrigées géométriquement afin d'en dériver une information en projection zénithale dont il est possible de tirer de l'information quantitative. Les outils de la géomatique ont permis de spatialiser et de généraliser l'information ponctuelle et d'établir à des pas de temps variables, par croisement des données acquises in situ, les diverses lames entrant dans l'équation hydrologique (précipitations, fonte potentielle de la neige et de la glace en relation avec les lames écoulées). Les trois années consécutives de suivi offrent des conditions très différentes qui révèlent le rôle constant et modérateur des températures et celui beaucoup plus impulsif des précipitations.

Ce travail pose également le problème des mesures et de leur fiabilité dans un milieu aussi sévère et aussi rigoureux que l'Arctique.

Mots-clés : Arctique – Svalbard – Austre Lovénbreen – géomatique – traitement de l'image – glaciologie – nivologie – hydrologie – géographie physique


Mis à jour : lundi 9 décembre 2013 20:42