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Philippe SIGNORET

 

Territoire, observation et gouvernance : outils, méthodes et réalités

T H E S E pour obtenir le grade de Docteur de l’Université de Franche-Comté ; Discipline : géographie et aménagement

Directeur de thèse : Alexandre Moine, Professeur de géographie

Thèse soutenue publiquement, le 7 décembre 2011 à l’Université de Franche-Comté.

JURY :

Odile BOVAR, Conseillère, Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR), Examinateur

Horacio BOZZANO, Director Equipo de Investigación TAG Territorios Posibles UNLP-CONICET y Universidades asociadas, Université de La Plata, Examinateur

Frédéric GIRAUT, Professeur, Université de Génève, Rapporteur Thierry JOLIVEAU, Professeur, Université Jean Monnet - Saint-Etienne, Examinateur

Sylvie LARDON, Directrice de recherche INRA, Professeure associée AgroParisTech, INRA/AgroParisTech-ENGREF, Rapporteur

Alexandre MOINE, Professeur, Université de Franche-Comté, Directeur de thèse

RESUME :

L’observation du territoire est en pleine montée en puissance. Les technologies de l’information et de la communication contribuent largement à cette expansion du champ d’action et de réflexion des aménageurs, des décideurs et des géographes. Les projets de recherche auxquels nous avons contribué nous ont permis de nous confronter à une réalité des pratiques des acteurs locaux. Pour les besoins d’une étude menée dans le cadre de la mise en place du Schéma de cohérence territoriale du Grand Besançon, nous avons été sensibilisés aux écarts en termes d’ingénierie territoriale en relation avec les moyens des municipalités. Nous avons ressenti de la part des élus locaux des tensions et un besoin grandissant d’informations susceptibles d’éclairer des situations complexes et de les aider à se positionner par rapport à un écheveau de procédures et de documents d’orientation, d’urbanisme ou de planification. En participant au développement d’un premier observatoire socio-économique, nous avons compris la nécessité de réunir des acteurs autour d’un dispositif fédérateur. Il s’agissait alors non seulement d’assurer l’opérationnalité d’une solution technologique mais aussi d’organiser le maillage entre les différentes sources de données. Observer le territoire, tel était l’objectif. Or, au contact des représentants des différentes institutions, à l’occasion des réunions techniques et des entretiens individuels, le territoire est apparu toujours plus complexe et en même temps toujours si différent selon les interlocuteurs rencontrés. En parallèle de tout cela, nous participions au déploiement des outils de la géographie. Nous nous retrouvions alors dans une position ambivalente du chercheur qui structure, organise, rend opératoire une approche, des relations entre acteurs, des réseaux. Ce faisant nous devenions acteur au sein d’un système de décision et d’action. L’enjeu était celui de la mobilisation la plus large dans la perspective de constituer un corpus de données et des représentations adaptées aux besoins d’un partenariat hétérogène. Les premières réflexions reposent donc sur approche empirique et pragmatique en relation avec une commande exprimée par des institutions.

De tout cela, nous en retirons, un savoir-faire en matière d’outils et de système d’information géographique. Nous en retenons également nombre de questions qui guident ce travail. Comment représenter un territoire si cette notion ne repose pas sur une définition partagée ? Quelles solutions techniques proposer pour un objet mal défini ? Partant, nous avons conduit des recherches sur cette notion très à la mode. En se rapportant à littérature et à différents points de vue issus de la recherche académique, nous arrivons au constat qui consiste à dire que le territoire est une notion que l’on ne parviendra peut être pas à définir précisément de manière consensuelle. Face à ce dilemme et à la nécessité d’apporter des réponses opératoires lors des projets de recherches suivant, nous avons contourné le problème en ne nous arrêtant pas à une définition particulière, mais en nous intéressant au processus qui conduit à la construction des territoires : la territorialisation. Le territoire se révèle alors sous la forme d’une représentation combinant des dimensions matérielles et immatérielles. L’espace est alors présent sans être contraignant. L’interface entre les représentations individuelles et collectives s’effectue alors au moyen d’objets frontières. Cette approche conceptuelle et épistémologique se prolonge par une tentative de modélisation mathématique de la territorialisation. Se faisant, nous cherchons à transformer notre point de vue en un objet frontière susceptible de faire le lien avec d’autres approches et d’autres disciplines. Nous retrouvons tout cela au cours de notre première partie.

Les succès et les infortunes rencontrés lors du développement de deux observatoires nous ont permis de contribuer à des solutions innovantes en matière de gestion et de traitement des données géographiques. Or ce qui apparaît innovant à un moment sous l’effet de l’émergence des technologies de l’internet perd un peu de son lustre dès lors que ces technologies se popularisent. Pour autant un grand besoin de se comparer avec d’autres situations s’est fait ressentir. La comparaison ne portait pas tant sur les technologies artisanales ou avant-gardistes que sur la manière dont des observatoires œuvrant dans des domaines proches de ceux sur lesquels nous avons travaillé appréhendent la complexité du territoire. Pour ce faire nous avons interrogé une trentaine d’observatoires par le biais d’un questionnaire administré à distance. Notre objectif étant de mieux comprendre ce à quoi correspond la fonction d’observation. Cette seconde partie du travail révèle des situations très contrastées et l’absence d’un modèle consensuel qui sont les signes de réalisations opportunes et non d’une approche normalisée.

La question qui découle de tout cela est de savoir comment se mettent en place une telle fonction et l’organisation qui va la supporter ? Autrement dit, quels sont les systèmes de gouvernance pour et par l’observation ? Pour répondre à ces questions, à l’aune d’une approche du territoire qui prend appui sur la complexité, de quelques enseignements tirés de l’enquête menés auprès des observatoires et surtout de réalisations pratiques qui nous ont mis au contact du terrain, nous sommes amené à repenser les relations entre les acteurs à travers l’instrumentation de l’information géographique. Nous réinterrogeons alors les structures et les organisations qui se mettent en place ou qu’il conviendrait de mettre en place de manière à renforcer la prise en compte des approches territoriales, des multiples échelles, des réalités économiques locales, et le développement des synergies, de la cohérence des interventions publiques, ou encore la rationalisation des flux informationnels. Il s’agit par là même de réfléchir à la manière d’assurer une certaine pérennité aux dispositifs d’observation dont la légitimité s’en trouverait renforcée au regard des enjeux des politiques d’aménagement de l’espace et de développement local.

Ce travail s’inscrit dans le cadre du paradigme de l’intelligence territoriale. Notre approche scientifique de la complexité est essentiellement empirique et fait référence de manière récurrente à la systémique. Elle nous conduit néanmoins vers des réflexions théoriques, conceptuelles, méthodologiques, organisationnelles et fonctionnelles dans un domaine – celui de l’observation – qui reste, semble-t-il, encore largement à explorer.

MOTS CLES :

Territoire, observation, gouvernance, systémique, complexité

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Pour faire référence à cette thèse : Signoret, Philippe, 2011, "Territoire, observation et gouvernance : outils méthodes et réalités" [en ligne] , Thèse de géographie et aménagement, Besançon, Université de Franche-Comté, 383 p., http://thema.univ-fcomte.fr/IMG/pdf...

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Dernière mise à jour de cet article le vendredi 16 septembre 2011. par Philippe SIGNORET

 
 

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