Séminaire du 30 avril 2008
Alain Sauter
Le paysage, une entrée pour évaluer les politiques publiques ?
Situé à la convergence des faits naturels, sociaux et économiques, la dimension paysagère est peu à peu intégrée à toutes les échelles de l’action publique. Considéré à présent comme un bien commun, et réaffirmé comme tel, par la récente Convention Européenne du Paysage (2000), le paysage demeure objet d’interrogations quant à sa qualité, et quant aux responsabilités de sa gestion. Ces questions, qui ont pu être abordées par la communauté scientifique lors des différents programmes de recherche engagés par le MEDD (1998 et 2005), sous tendent la notion d’évaluation des paysages et des politiques publiques. Bien que de nombreux travaux aient déjà été menés sur le sujet, de nouvelles entrées sont à rechercher pour évaluer le paysage dans des contextes territoriaux différents, mais aussi pour évaluer les politiques publiques au travers des paysages qu’elles participent à construire. La recherche proposée ici s’attache à une évaluation des politiques publiques par le paysage lui-même. Cette mise en relation du système d’évaluation des politiques et du « polysystème paysage » prévoit un travail sur la part de l’institutionnel dans les paysages, une étude des effets d’échelles des politiques publiques sur la production des paysages, ainsi qu’une tentative d’estimation de la « durabilité » de ces volontés d’acteurs. Appuyé sur plusieurs territoires présentant des échelles et des cultures différentes (en Franche-Comté, en Europe et en Extrême-Orient), cette démarche est axée autour de trois principales phases visant respectivement à une discrimination des processus de construction des paysages (naturels, anthropiques…), une appréciation des choix de « production » et de « reconnaissance » des paysages, ainsi qu’un examen des politiques agissant sur le territoire considéré.
Samy Youssoufi
Étalement urbain et facteurs de localisation résidentielle : déterminants spatiaux et comportements de mobilité résidentielle
La recherche menée dans le cadre de cette thèse se situe au coeur de la problématique de l’étalement urbain ayant cours dans la plupart des villes françaises, depuis les années 1960-70. À un niveau global, cette question peut s’appréhender comme résultant de deux facteurs : un facteur économique qui révèle globalement une baisse du prix du sol à mesure qu’on s’éloigne de la ville centre ; un facteur sociologique qui met en lumière un changement dans les attentes et les aspirations des ménages qui recherchent de plus en plus un cadre de vie « vert ». Or, par sa relative proximité à la ville-centre et aux espaces ruraux environnants, le périurbain apparaît comme un choix pertinent pour une certaine catégorie de ménages. À une échelle plus fine (intra-agglomération), plusieurs études empiriques ont montré que les prix du sol pouvaient connaître localement des variations importantes (s’écartant ainsi sensiblement des modèles standards d’économie urbaine), ce qui témoigne de caractéristiques locales, c’est-à-dire d’attributs spécifiques des lieux.
Dès lors, il devient intéressant de connaître dans quelle mesure l’environnement résidentiel joue-t-il un rôle dans les localisations résidentielles en milieu périurbain ? Quels sont les attributs qui comptent et quel est leur poids dans un processus de mobilité résidentielle ? Peut-on établir des liens entre la qualité de l’environnement résidentiel perçue par les habitants et des configurations morphologiques particulières du bâti ?
Pour répondre à ces questions, diverses étapes méthodologiques sont envisagées : Analyse des configurations de l’environnement résidentiel d’un point de vue théorique (analyse de l’environnement urbanisé, analyse des espaces naturels et du paysage, analyse des accessibilités...) ; Mise en place d’une enquête relative aux choix opérés par les ménages dans un processus de mobilité résidentielle (en collaboration avec l’ANR ECDESUP) afin d’évaluer la valeur des attributs environnementaux en fonction des préférences déclarées par les ménages ; Évaluation de la valeur des attributs environnementaux en fonction des préférences révélées par l’étude du marché foncier. Synthèse des préférences déclarées et révélées.
L’enjeu de cette recherche est 1) d’avoir une meilleure connaissance des attentes liées à la mobilité résidentielle en milieu périurbain, 2) d’identifier les configurations spatiales favorables à une optimisation des critères des ménages.




