Séminaire du 27 février 2008
Kawtar Najib
Approche systémique et modélisation du phénomène de ségrégation socio-spatiale dans les villes de l’Est de la France
La spécialisation sociale de l’espace s’est convertie en ségrégation socio-spatiale. Les normes sociales des comportements varient ainsi d’une région à une autre, d’une ville à une autre, d’un quartier à un autre, parfois en une certaine culture du bien-être. Cette piste de recherche invite à une réflexion globale et multifactorielle (social, économique, architectural, historique, politique, culturel) qui créé les conditions propices à l’apparition, au maintien ou à la disparition de problèmes d’inégalités variables selon les lieux et selon les individus. Un premier travail épistémologique sur la notion, concept, processus… de ségrégation permettra une étude adéquate sur les villes de Besançon, Dijon et Mulhouse en milieu urbain et périurbain. Les spécificités morphologiques et fonctionnelles de la ségrégation socio-spatiale ainsi que les préoccupations d’hypertrophie et de polycentrisme seront également prises e en considération.
L’espace urbain n’est ni neutre ni homogène, il est fortement hiérarchisé. Cette hiérarchie est en perpétuelle reconstruction suivant l’évolution de la demande et de l’offre des logements. Par exemple, la création des Zones Urbaines Sensibles (ZUS), répondant à un phénomène de ségrégation spatiale, renforce la paupérisation des quartiers du fait de la concentration de la pauvreté et d’une moindre qualité de l’habitat et de l’environnement. L’isolement résidentiel, créé par les ZUS, d’une partie importante de la population peut constituer un environnement de désavantage social.
En effet, les territoires peuvent être qualifiés de facteurs de risque quand s’instaure un phénomène de ségrégation spatiale [Schulz, 2002] et lorsque les disparités sociales sont combinées à des disparités spatiales, on assiste à des phénomènes de cumul de risques pour une partie de la population urbaine [Madoré, 2004]. Ainsi, la combinaison des déterminants sociaux et spatiaux a mis en exergue des territoires qui présentent des risques d’enclavement pour la population locale.
En outre, le croisement de cette réflexion scientifique et opérationnelle avec les politiques urbaines territorialisées pose par exemple, la question de la mixité sociale, d’inflexions volontaristes sur tel ou tel territoire, dans une approche intersectorielle associant le logement, l’emploi mais aussi l’école, la santé, la consommation énergétique, les loisirs…
Stephen Kamps
Simulation multi-agents touchant à l’aménagement urbain
L’intervention proposée lors de cette présentation se focalise sur des recherches concernant le développement d’un système multi-agents pour la simulation des processus d’aménagement urbain multi-acteurs. La simulation intégrera les jeux d’acteurs présents dans les processus de planification et de développement des nouveaux logements. L’objectif de cette recherche est de comprendre si les institutions influent sur les formes urbaines. La revue de bibliographie concernant de la modélisation des processus urbains montre qu’il existe diverses formes de modélisations des dynamiques urbaines, mais l’on constate un réel manque d’outils modélisant les dynamiques d’aménagement. Nous tenterons de montrer s’il est possible de construire une modélisation qui intègre des dynamiques urbaines et des dynamiques liées à l’aménagement urbain par un système multi-agents. Dans cet objectif, nous comparerons les résultats des simulations effectuées pour des villes françaises, anglaises et néerlandaises et les résultats pourront aider à expliquer l’influence des politiques d’aménagements sur la forme des villes.




