Orientations scientifiques

1. Trois entrées pour aborder la problématique

Formes et structures spatiales et leur évolution

Du point de vue du territoire, l’analyse des structures spatiales est distinguée de l’analyse des formes (ou analyse morphologique). Ce faisant, les recherches s’attachent plus particulièrement, dans le premier cas à la manière dont les activités (résidentielles, industrielles, commerciales, de service ...) et les individus se localisent les uns par rapport aux autres ou sont connectés les uns aux autres, dans le deuxième cas, à la forme de cette organisation (mise en évidence de formes compactes ou étalées, hiérarchisées ou non, plus ou moins symétriques, plus ou moins lacunaires...).

- L’analyse des formes spatiales et de leur évolution portera essentiellement sur les morphologies urbaines et leur mode de croissance, notamment par l’analyse du rapport entre leur surface et leur bordure et par l’étude de la répartition des agrégats bâtis à différentes échelles de résolution des observations. Ces travaux permettront d’identifier des types de tissus et de croissance urbains.

- Les structures spatiales et de leur évolution seront abordées à partir de différentes approches thématiques : organisation spatiale des réseaux de transport en commun aux échelles d’une communauté d’agglomération (Besançon), d’une aire urbaine (Belfort-Montbeliard) et d’une région (la Franche-Comté), incidence de l’amélioration de la desserte et de l’accessibilité d’un espace par la mise en place d’une nouvelle infrastructure autoroutière connectée avec le réseau national et international, évolution de la structure du parcellaire agricole dans le cadre des CTE.

Localisation des activités et pratiques spatiales des individus

La dynamique de localisations résidentielles ou d’activités s’inscrit généralement dans le cadre d’une réflexion sur le long terme (schématiquement la durée d’une “ vie ” pour les individus comme pour les entreprises) qui conduit les acteurs à définir des stratégies spécifiques. Il s’agit alors de déterminer quels sont les critères, et leurs poids respectifs, qui interviennent dans les processus de prise de décision.

L’analyse des pratiques de mobilité de la population et de leurs déterminants se place à des pas de temps plus courts que les précédents : journaliers, hebdomadaires, saisonniers suivant les types d’activités considérés. Dans ce domaine, les travaux s’inscriront dans la continuité des recherches déjà engagées par l’unité ThéMA lors du précédent quadriennal et porteront particulièrement sur les relations spatiales entre les besoins de mobilité et l’offre de transport sous tous ses aspects.

Concernant tant les choix de localisations que les pratiques spatiales des individus (à savoir, la population résidentielle et les établissements commerciaux, industriels et de service), deux aspects sont privilégiés, qui relèvent tous deux du domaine de la recherche en cognition spatiale :
- d’une part, mieux cerner les processus de décision sous-jacents aux choix de localisations et aux pratiques spatiales des individus ;
- d’autre part, mieux connaître l’évaluation, par les individus, des attributs spatiaux qui guident leurs choix de localisations ou de mobilités.

Dans ce domaine, les relations avec le laboratoire Image et Ville (UMR 7011, Strasbourg) et le laboratoire PACTES-Territoires (UMR 5038, Grenoble) devront être renforcées.

Les jeux d’acteurs territoriaux dans la mise en place des projets de développement

Les récentes réformes institutionnelles (décentralisation, intercommunalités, loi SRU...) ont donné aux responsables politiques de nouveaux moyens pour définir et conduire leurs projets de développement dans le cadre d’une nouvelle gouvernance territoriale qui associe, autour des élus, l’ensemble des acteurs socio-économiques. Comment, dans ces nouvelles structures fonctionnent les mécanismes de prise de décision ? Comment des projets de développement vont-ils influer sur les dynamiques territoriales et les pratiques spatiales ? Des méthodologies de simulation, mais aussi d’évaluation de l’action publique déjà mises en œuvre au cours du précédent quadriennal seront poursuivies (Observatoire de l’autoroute A39, évaluation des programmes européens LEADER) et enrichies par de nouvelles expériences (évaluations des politiques conduites par les communautés de communes, mise en place du projet d’agglomération de Besançon...)

2. Trois axes de recherche méthodologique

Si la question de la dynamique spatiale des villes et territoires environnants est abordée dans une perspective systémique, c’est également à travers un cheminement méthodologique de nature systémique que des réponses seront apportées. En conformité avec la politique scientifique de l’UMR ThéMA, la démarche adoptée se décompose en plusieurs opérations qui demandent la définition de nouveaux outils et de nouvelles méthodes de travail. L’accent sera mis en particulier sur :

  • la collecte des informations nécessaires pour suivre la dynamique des territoires et le jeu des acteurs. Concernant ce dernier point, un accent tout particulier sera mis sur les méthodologies d’enquêtes nécessaires pour l’analyse fine des pratiques spatiales et de leurs déterminants. Autant que possible, toutes les informations seront organisées dans des bases de données couplées à un Système d’Information Géographique pour en permettre une exploitation spatialisée.
  • le traitement et la formalisation de l’information, en particulier par l’établissement de grilles d’analyses fondées sur la définition de critères et d’indicateurs synthétiques pertinents pour effectuer le suivi et l’évaluation des évolutions. Critères et indicateurs pourront être d’ordre morphologique (mesures fractales par exemple) pour les faits de structures, mais aussi comportementaux pour le jeu des acteurs,
  • la modélisation des dynamiques en œuvre par la conception de modèles graphiques, de modèles conceptuels systémiques, de systèmes experts, l’élaboration de scénarios théoriques et prospectifs pour simuler les types d’évolutions en fonction des possibilités d’actions, et qui puissent aider les acteurs territoriaux dans leurs prises de décision. Dans cette optique, certains membres de l’équipe poursuivront leur participation active aux travaux de l’axe “ Modélisation ” du GDR 1559 Libergeo : réalisation d’un inventaire interactif des modèles conçus et/ou utilisés par les géographes.

Dernière mise à jour de cet article le vendredi 17 octobre 2008.

 
 

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